SANS
SORTIR
« S’en sortir » est une expression qui revient
souvent dans les messages sur Passado, sans qu’on sache
toujours très bien de quel lieu il faut sortir.
Faute de
pouvoir l’identifier, ce lieu, on y reste « sans sortir
». Ce qui est clair, c’est que le « s »
apostrophe (s’) dit que c’est soi-même
qui doit sortir de quelque part. Il y a alors parfois
une confusion entre soi-même et le lieu dont il
faut sortir : soi-même qui est attaqué
comme le lieu dont on voudrait sortir, pour en sortir.
Ca donne
lieu à des échappées solitaires – fugues
ou retraites –, à des automutilations, à des
tentatives de suicide : comment, en effet, échapper à
soi-même ?
«
S’en sortir » résonne alors comme « sans
sortir » et vice versa.
Dans les derniers messages, l’idée de « sortir
» faisait tantôt référence à
l’amusement, au fait de suivre
ses envies, tantôt au fait de "sortir
avec" un ou une autre.
* * *
En ce qui
concerne l’amusement, j’ai été
surpris de le trouver associé à une grosse culpabilité
:
- « sortir » provoque un éloignement par rapport
à d’autres qui ne vont pas bien et dont on serait
la cause du mal-être ;
- « sortir » n’apparaît que comme un éloignement
virtuel qui n’apporte rien à l’existence et
se révèle incapable de transformer la réalité.
Bref, à quoi bon.
A quoi bon reussir a penser a moi, a
me faire plaisir si dès que je rentre chez moi je suis
confronté à tous ces problèmes. J'ai beau
faire tout ce que je veux pour m'amuser et passer du bon temps,
je finis toujours soit par me sentir coupable d'être bien
alors qu'a cause de moi les autres ne vont pas bien soit par revenir
a la realité de ma non existence.
* * *
En ce qui
concerne le suivi des envies, le danger guette.
Il est mortel.
Parce que dans la vie
On a beau répéter de faire attention
On a beau faire des préventions
Chacun suit ses envies
Parce que suivre ses envies
Conduit parfois à perdre sa vie
Parce que vous êtes partis
Parce que votre vie elle est fini
Devant de tels risques, du « sans sortir », on n’en
sort pas. Comment conduire ses envies plutôt que d’être
conduit par elles ?
* * *
En ce qui
concerne l’idée de sortir avec un(e)
autre, il y a également péril en la demeure. La
nouvelle arrive vite aux oreilles des copains, de l’entourage.
Les commentaires « sortent » la « sortie ensemble
» de l’intimité qui se crée. On préférerait
parfois être resté sans sortir. Mais l’envie
de « sortir » reste plus forte que l’amitié.
jai sortit aec un de mes chum de gars
(…) et jai rompu apres deux semaine (ses au mois de novenbre)
et ses drole mais je nai jamais plu eu la memme relation(amitier)
et je trouve sa dommage parce que l'amitier est tellement plus
importante que l'amour vous ne trouver pas
* * *
Sortir,
c’est passer d’un territoire à l’autre,
passer de l’amitié à l’amour, de la
souffrance au plaisir,...
Sortir, c’est prendre une place différente
que celle qu’on tenait auparavant, car ce n’est pas
si simple de tenir sa place.
Sortir, c’est comme une petite mort qui invite
à se re-susciter, pour se retrouver à
côté de ce qui était.
Investir cette nouvelle place n’est pas facile. Manifestement,
chacun a plus tendance à en relever les dangers que les
bienfaits, au sein desquels pourtant se trouvent les limites
de soi-même, le dessin des contours qui indique
qu’on en sort.
TF
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