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L'album
zutique
par
MH
Transcription
du récit d'un échange inattendu mêlant sens
et sonorités.
Il démarre
par un ras-le-bol. Entendu de ciels trop lointains, il retombe
vers la terre molle où s'empèsent les pas. Mais
il percute à temps une oreille qui ne laisse d'être
réceptive au cri, et d'où il peut dès lors
repartir vers d'autres horizons.
Une
participante envoie un message intitulé ^^ et ^^2
:
suuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuper
!
putain...y en a marre<....
L'animateur
de veille réagit en lui demandant ce qu'elle essaie de
dire.
Avant
qu'elle lui envoie sa réponse, un autre animateur réagit
différemment en commentant son message ainsi :
une
participante tente d'inscrire des sentiments - qui semblent
rester flous pour elle - sur le site. A travers son titre, elle
me donne l'impression d'essayer d'inventer un mode de notation
pour indiquer les variations d'humeur. Cela ouvrirait-il un
nouvel espace de créativité, du côté
de la notation musicale... ou de l'habillement ?
Rêve...?
Flexions...?
^¨^¨s^¨^¨^u¨^¨^¨^p
<....a<....r<....t<
Chant...?...?
Son...?...?
Signe...?...?
Champ---+
Son---/
Cygne---*
Dans
son livre "La haine de la musique", Pascal Quignard
a écrit :
"Nous
entourons de linges une nudité sonore extrêmement
blessée, infantile, qui reste sans expression au fond
de nous. Ces linges sont de trois sortes : les cantates, les
sonates, les poèmes.
Ce
qui chante, ce qui sonne, ce qui parle.
A
l'aide de ces linges, de même que nous cherchons à
soustraire à l'oreille d'autrui la plupart des bruits
de notre corps, nous soustrayons à notre propre oreille
quelques sons et quelques gémissements plus anciens."
Par
ses signes lancés, essayerais-tu d'habiller de linges
des sentiments trop crus ?
Parmi
les participants, y en auraient-ils pour proposer des linges
ou des habits : cantate, sonate, poèmes? Nous pourrions
ainsi nous constituer comme une "malle à déguisements"
ou un "grenier aux trésors" : trésor
de mots, de phrases, de textes...texture, tissus, étoffes,...
Entre-temps
est arrivé l'écho de la participante à la
question du premier animateur sur ce qu'elle essayait de dire
:
je
sais pas, je m'en fous.
Cet
animateur le diffuse alors avec un nouveau commentaire, appelé
à ses yeux par la réponse lapidaire qu'il a reçue
:
Voici
trois messages en un, la réponse de. à mes questions
à propos de deux messages qu'elle avait envoyés.
Je me demandais si vous pourriez en faire quelque chose. Je
les diffuse à présent en y ajoutant ce qu'il m'évoque
par leurs extrêmes.
J'étais
resté perplexe, parce que je me demandais comment ces
deux messages, simultanés et envoyés séparément,
résonnaient comme deux cris, un d'émerveillement
et l'autre de ras-le-bol. Je leur supposais une source, qui
restait énigmatique ! Si purement expressifs, je n'ai
pas pu tout de suite les accueillir.
Pourtant
j'ai pensé à des choses que j'ai hésité
à tout de suite écrire.
Mouette
et Mouette2, parce que lancés au vent.
Rieuses,
dit-on d'elles, alors que quand on les entend on ne sait pas
décider si c'est plainte, pleur, ou fâcherie !
Appel
qui rappelle leur présence.
Un
rire répété peut-être, Sourire et
Sourire2, ou un froncement de sourcils, Froncement et Froncement2,
opposé à la dureté des vents, des sables
et des sels marins.
Oiseaux
des estrans, entre deux marées, haute et basse.
La
mer se gonfle et se dégonfle tel un poumon, rythme terrestre
de la lune et du soleil, auquel sont prêtés ces
cris lancés à la cantonade vers tout l'univers.
Voici,
ce que ces messages m'ont évoqué, que j'aurais,
je crois, aussi bien pu écrire la première fois.
La participante
précise le sens de son envoi initial en limitant les associations
auquel il a donné lieu, et se dit lasse
de l'Espace d'échanges. Elle écrit :
Vous
cherchez trop loin dans ce que j'ecris chers animateurs...Il
me faut absolument clarifier ce que j'ai voulu dire avant qu'on
ne s'imagine quoi que ce soit d'autre...
le
"suuuuuuuuuuper" etait mis en echo a un message laissé
par quelqu'un, et c'etait juste dit comme un "ouaw bravo!!!
et alors ????!!!???" bref assez provocateur.
le
2eme est arrive par la suite.
un
"y en a marre" comme ceux qu'on voit si souvent sortir
de la bouche des gens. bref, j'en ai marre, mais VRAIMENT marre
.POINT.
et
puis le dernier "je sais pas, je m'en fou". il exprime
mes pensees tt simplement, mon etat d'esprit, ma lassitude vis
a vis de ce site, ma fatigue, etc...
Un autre
participant se joint ensuite à ce dialogue et envoie son
:
beuuuuuuuuuuuuuuuuuh
diffusé
sans plus.
La participante
y fait écho :
coucouuuuuuuuuuuuu....
que
le second animateur diffuse avec un commentaire :
(Elle)
poursuit plus loin le jeu des petites lettres qui sonnent, qui
chantent, qui parlent et qui s'étirent comme un vol de
mouettes dans le ciel blanc de PASSADO. Cela pourrait ouvrir
à quelque chose comme l'Album Zutique de Rimbaud dont
je vous livre un extrait.
Dans
son Album Zutique, Arthur Rimbaud a écrit sous la rubrique
"Conneries", "Jeune Goinfre" :
Casquette
De
moire,
Quéquette
D'ivoire,
Toilette
Très
noire
Paul guette
L'armoire,
Projette
Languette
Sur poire,
S'apprête,
Baguette,
Et
foire.
Le second
participant poursuit aussitôt dans la veine ainsi ouverte
:
BAKA..
bakaaaaaaabakabakabaka... baka.
Le second
animateur diffuse et écrit :
(Il)
fait un apport rythmé au chant zutique.
Le
rythme emporte vers un chant où je me suis retrouvé
en besoin d'"l", peut-être du fait du message
précédent ?
Sans
"l" ? sans "aile" ? sans "elle"
?
BakaLao
afLikain
BLack
à tabak
BaLkan
au baLcon
bakanaL,
bas canaL
EcLat
d'elle...
Sur le
même rythme, la participante envoie un nouveau borborygme
:
ouaf....ef
ef ef...ouaf-ouaf...ef ef ef ef...grrrrrrrrrrrrr...ouaf ouaf...ef
ef ef
que
le même animateur diffuse en l'annonçant ainsi :
(Elle)
poursuit l'expérience zutique en élargissant le
paysage sonore.
Intervient
alors un troisième participant qui écrit :
Huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
?
(
ah ouais , retour de Suisse , avez déjà vus un
fou dévaler les pente en snowboard complètement
bourrer et qui gueule " jaaaackaaas " tout en écoutant
" apocalypse Now" de Wagner ... ben si ça existe
)
Gaaaaaarrrrrrez-vooooouuuuuuus!!!!!!!!!
(
en sapin a 30Km/h ça fait mal )
(
la fille qui a reçus ma planche de snow dans le cul dois
avoir encore tres très très mal )
(
j avais priorité , jurer )
(
enfin je crois )
(
BOUHAHAHA )
(
suis célibataire )
Le même
animateur toujours diffuse son message en l'accompagnant d'une
nouvelle réaction :
(Il)
déboule dans l'espace zutique au son des snowboards et
sur une musique de Wagner. Ca file comme le vent, ça
souffle entre les jambes des filles et les branches de sapin
craquent.
MH
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