|
L'enfant
penchée
©
casterman
Une
histoire racontée par
Benoît
Peeters
Dessins
de
François
Schuiten
CHAPITRE
II - Ce qui arrive ne trouve pas sa place

Alors elle
déboule seule dans une grande ville où malheureusement
elle se trouve rapidement rejetée de tous, y compris des
mendiants. Même à la soupe populaire, elle n'est
pas la bienvenue.
Elle
traverse par hasard une classe de Beaux Arts, mais elle est immédiatement
désignée par le professeur comme une sorte de monstruosité,
d'erreur de la nature et priée de déguerpir.
Alors
elle se retrouve dehors, par un froid glacial, complètement
au bout du rouleau, prête à se laisser mourir. Heureusement,
la rencontre avec un petit singe, qui ne se soucie pas vraiment
de ce qui marche droit ou de ce qui va de travers, va commencer
à la tirer d'affaire.
Ce petit
singe l'entraîne vers le cirque dans lequel il travaille.
Mary y
trouve une place assez naturelle.
Et elle
devient très rapidement la vedette de ce cirque, réussissant
des numéros évidemment sensationnels. Quand elle
marche sur la corde, toute penchée, tout le monde est persuadé
qu'il y a un truc. Les messieurs et les dames s'évanouissent
de temps en temps. Grâce à Mary, le cirque s'agrandit
rapidement.
Mais
cette vie ne lui plaît pas très longtemps et, après
quelques semaines, au grand désespoir du patron du cirque,
elle s'en va à nouveau.
*
* *
Elle
a entendu parler d'un savant appelé Axel Wappendorf et
s'est mise en tête qu'il pourrait l'aider. Elle arrive dans
un Observatoire où il travaille avec ses collègues
sur un grand projet d'engin interplanétaire. Mary espère
que Wappendorf va pouvoir lui dire ce qu'il en est de son cas
et si elle est condamnée à rester toujours penchée.
Dans
cette auguste assemblée, on la fait monté sur la
table. Ces messieurs vénérables sont tout à
fait enchantés de la venue inopinée de cette jeune
fille.

Et Wappendorf
va tenter de comprendre ce qui arrive à Mary . Il l'observe
attentivement, cherchant à comprendre le mécanisme
de son inclinaison. Pourquoi la robe de Mary tombe-t-elle naturellement
dans une pesanteur qui semble normale, alors que son corps obéit
à une autre logique?
Wappendorf
va notamment faire une démonstration autour des cheveux
de la jeune fille.
Il regarde
d'abord les vêtements : ils se comportent comme les vêtements
de tout un chacun.
Par
contre les cheveux, lorsqu'il les soulève, reprennent immédiatement
leur position dans le même axe que le corps. Toute idée
de simulation est donc exclue. Wappendorf déduit, peut-être
audacieusement, que cette jeune fille est soumise à une
autre attraction. Comme si elle était attirée par
une autre pesanteur, celle d'une autre planête dont lui-même
avait depuis longtemps pressenti l'existence.
Cette
page t'a inspiré des commentaires, des réflexions,...
Transmets-les
à Benoît
Peeters
Partage-les
sur PASSADO
|