Tu n'as pas...
Tu n'as pas de santé, pas d'instruction, tu es affligé
d'une infirmité, tu es laid, tu es gêné par
un grave défaut de caractère... ou encore, ton milieu
familial ne t'as pas soutenu et aidé; les tiens ne te comprennent
pas, tu végètes dans ton travail alors que tu pourrais
faire mieux... Bref, tu es limité en toi, autour de toi,
et tu en es humilié. Sois loyal: tu n'as jamais vraiment
accepté ces limites. La preuve? Tu penses souvent : si
j'étais en bonne santé, je ferais... si j'avais
eu un père qui me comprenne,... si... et tu traînes
avec toi une mauvaise résignation accompagnée à
certains jours de jalousie et de désespoir. Souvent tu
te dis : Evidemment, un tel, il fait cela, mais moi... Si j'avais
son intelligence, son instruction, sa faculté d'adaptation...
Si... et dans ta voix, il y a du dépit et un peu de rancune
contre toi, contre les autres, contre la vie.
Tant que tu n'auras pas vraiment accepté
tes limites, tu ne pourras rien bâtir de solide, car tu
passes ton temps à désirer les outils qui sont entre
les mains des autres, sans t'apercevoir que tu en possèdes,
toi aussi, différents, mais aussi valables. Ne regarde
plus ceux des autres, regarde les tiens, prends-les et travaille.
Ne nie pas tels limites, ce serait désastreux. Les nier
ne les supprime pas. Si elles existent, les ignorer serait leur
donner une force mystérieuse de destruction et de sape
dans ta vie... Au contraire, regarde-les bien en face, sans les
exagérer mais sans le minimiser. Si tu peux y changer quelque
chose, qu'attends-tu pour t'y employer calmement et avec persévérance
? Si tu n'y peux rien, accepte-les. Il ne s'agit pas de te ''résigner''
en baissant la tête, mais en la relevant de dire OUI. Il
ne sagit pas de se laisser écraser, mais de porter et d'offrir.
Michel Quoist
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