Lâcheté
et égoïsme
Lâcheté
Résonnances
Lâcheté
et égoïsme
A
partir d'échanges autour de la définition de la
lâcheté et de l'égoïsme, un animateur
a proposé un commentaire :
Voici
quelques réflexions que m'a évoquées le différent
quant à la définition de la lâcheté
:
Comme son nom l'indique la lâcheté consiste
à lâcher , laisser trop de mou ,
sur ce qui devrait être tenu fermement.
Mais à partir de là,
les différences d'approche peuvent tenir sur ce qu'il s'agirait
de tenir.
Il me semble qu'il y a au moins
deux manière d'envisager les choses:
- D'une part, on peut envisager la lâcheté
au regard d'un devoir moral partagé,
devoir moral qui fonde le lien d'être ensemble:
un manquement par rapport à un tel devoir serait dès
lors une lâcheté
morale . Dans cette optique, je rejoindrais
plutôt les définitions d'une participante qui voit
la lâcheté comme atteinte au bonheur
de l'autre, lâcheté comme manquement
au devoir élémentaire de ne pas laisser courir
les injustices dont on est témoin.
- D'autre part, on peut aussi envisager la lâcheté
au regard de ses désirs et de ce
que l'on s'est soi-même assigné comme choses
auxquelles on tient. Il ne s'agit alors nullement d'une lâcheté
morale mais plutôt d'un lâcher sur ce
qui nous importe ou d'un ne pas tenir par rapport
à quelque chose qui importe à soi-même et
serait source de bonheur . Ainsi si telle ou telle
chose nous tient à coeur (par exemple réaliser
telle oeuvre qui demande un effort considérable), choisir
par facilité un chemin qui ne nous donne aucune
chance d'y arriver peut consister en une forme de lâcheté
par rapport à ce qui importe à soi-même
, ce qui peut alors être la source
d'une déception, d'un état moins heureux .
Mais bien sûr, s'il existe un chemin plus facile permettant
de réaliser l'oeuvre à laquelle on tient, il n'y
a aucune vertu à choisir la difficulté, bien plutôt
une sagesse à prendre le chemin le plus aisé qui
nous donne d'ailleurs plus de chance d'aboutir; mais
bien sûr aussi, par rapport à cette forme de lâcheté
par rapport à ses propres désirs personne
d'autre ne peut juger qu'un tel est lâche parce qu'il
n'a pas choisi le chemin difficile; mais bien sûr encore,
chacun a le droit de garder son intimité ou de vivre
un bonheur pour soi-même et il n'y a là nul égoïsme
ou lâcheté. Ce n'est que par rapport à son
propre désir que peut ici s'évaluer si l'on a
(ou non) cédé sur ce qui pourrait nous rendre
plus heureux, si notre volonté s'est montré trop
re-lâchée . C'est selon cette seconde
approche que j'avais lu et compris ce que proposait une
deuxième participante.
Tout ce qui précède
n'est probablement qu'une troisième manière, elle
aussi partielle et toute subjective, d'envisager les choses.
Je voulais simplement apporté
ainsi ma contribution à cette question qui m'apparaît
essentielle pour chacun, espérant ouvrir à la poursuite
des échanges soit autour de ce thème, soit en changeant
le cap...
- Que pourrrait signifier la lâcheté au regard
des rêves que l'on fait...
- Et par rapport à l'égoïsme, comment faire
le partage entre l' égoïsme comme défaut
moral et le soin tout à fait légitime
et indispensable que l'on porte à soi-même ,
le plaisir que l'on peut avoir d'être en intimité
avec soi-même...
- ...
Voilà qui serait renouer
avec la philosophie telle que la concevait Platon : de grands
dialogues sur le courage et la justice.
AM
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