Tu n’as pas (Michel Quoist)

Tu n’as pas de santé, pas d’instruction, tu es affligé d’une infirmité, tu es laid, tu es gêné par un grave défaut de caractère… ou encore, ton milieu familial ne t’as pas soutenu et aidé; les tiens ne te comprennent pas, tu végètes dans ton travail alors que tu pourrais faire mieux… Bref, tu es limité en toi, autour de toi, et tu en es humilié. Sois loyal: tu n’as jamais vraiment accepté ces limites. La preuve? Tu penses souvent : si j’étais en bonne santé, je ferais… si j’avais eu un père qui me comprenne,… si… et tu traînes avec toi une mauvaise résignation accompagnée à certains jours de jalousie et de désespoir. Souvent tu te dis : Evidemment, un tel, il fait cela, mais moi… Si j’avais son intelligence, son instruction, sa faculté d’adaptation… Si… et dans ta voix, il y a du dépit et un peu de rancune contre toi, contre les autres, contre la vie.

Tant que tu n’auras pas vraiment accepté tes limites, tu ne pourras rien bâtir de solide, car tu passes ton temps à désirer les outils qui sont entre les mains des autres, sans t’apercevoir que tu en possèdes, toi aussi, différents, mais aussi valables. Ne regarde plus ceux des autres, regarde les tiens, prends-les et travaille.

Ne nie pas tels limites, ce serait désastreux. Les nier ne les supprime pas. Si elles existent, les ignorer serait leur donner une force mystérieuse de destruction et de sape dans ta vie… Au contraire, regarde-les bien en face, sans les exagérer mais sans le minimiser. Si tu peux y changer quelque chose, qu’attends-tu pour t’y employer calmement et avec persévérance ? Si tu n’y peux rien, accepte-les. Il ne s’agit pas de te  »résigner » en baissant la tête, mais en la relevant de dire OUI. Il ne sagit pas de se laisser écraser, mais de porter et d’offrir.

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