Mots – Les mots pour dire la neige

Comment parler des troubles de l’humeur, par exemple ? Une participante posait, en effet, la question de la différence à faire entre « ciclothymie », « troubles bipolaires » et « schizothymie » : quel sens cela avait ? quelles étaient les mesures à prendre ?

Les mots disponibles sont un peu comme les mots pour dire la neige.

Pour dire la neige, nous avons quelques mots, si nous sommes passionnés des sports de glisse, nous en avons quelques autres (la poudreuse, etc). Les esquimaux en ont bien davantage, et pas les mêmes selon la région des glaces qu’ils habitent.

Les mots des psychiatres pour désigner l’humeur et ses troubles sont un peu comme des mots pour désigner la neige.

Certains sont consacrés et un accord est pris pour désigner plus ou moins la même chose avec tel mot. Cela se passe un peu comme chez les météorologues qui placent sur une échelle les manières dont il peut neiger depuis les légers flocons tourbillonnants jusqu’au verglas qui n’est plus vraiment de la neige, en passant par la tempête de neige risquant d’entraîner des catastrophes. Les gestionnaires de stations de ski vont classer autrement, les chimistes qui explorent les différentes formes de cristaux depuis l’eau jusqu’aux glace diamantaire également, les poètes ou la sagesse populaire encore autrement.

Les désignations peuvent être plus ou moins précises. Elles restent conventionnelles.
Elles n’en sont pas pour autant inutiles. Ces désignations permettent de prévoir les risques d’avalanches, de recommander les chaînes aux roues des voitures, de mettre en garde, de décider quel type de sel on met sur la route, etc.

Mais les psychiatres ne sont pas les plus esquimaux des esquimaux. Les poètes et les romanciers les surpassent largement pour décrire la tristesse, la nostalgie, le spleen, la langueur, la « saudade », le mal du pays, la morosité, l’ennui, la flemme,…

Les trois mots évoqué sont finalement beaucoup trop peu. Si une fluctuations se remet avec certains cycle, on dira : « cyclothymie ». Si des états caractérisé se succèdent (comme neige ferme, neige fondante) on parlera plus de « bipolaire » (mais il peut y avoir une cyclothymie dans la bipolarité). Si, en même temps que l’humeur, il y des sensations étranges et des sentiments de modification de la réalité : « schizothyme ».

Ensuite, pour décider ce qu’il faut faire à partir de là, ce n’est pas évident que tout le monde puisse être d’accord.

L’exercice pourrait se faire avec les couleurs depuis les couleurs de l’arc-en-ciel, le jaune de Van gogh, le nuancier emprunté pour repeindre la salle de bain, la couleur flash de tel gel pour cheveux, etc…

AM

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