Mots – Manipulation

La vie telle qu’on la raconte peut-elle donner lieu à de la manipulation (de mots) ?

Arrange-t-on la réalité comme on la veut, quand on la raconte avec nos mots ?

La réponse est oui, sans aucun doute. Il faut bien prendre en main des mots pour dire. Les mots ainsi choisis sont en même temps nos choix.

Mais, pour autant, devient-on, tout entier et tout à trac, un manipulateur ou une manipulatrice ?

Ces questions se sont posées sur l’Espace d’échanges, c’est-à-dire dans le cadre de la relation que nous y développons avec d’autres.

Raconter, en effet, c’est toujours raconter quelque chose à quelqu’un. Il y a quelque chose et il y a quelqu’un. Ce sont les deux repères entre lesquels se glisse ce qu’on veut dire.

Il arrive que ce dire nous étonne après-coup, voire qu’on dise pour essayer de comprendre : comprendre ce qu’on raconte, comprendre le quelqu’un à qui on s’adresse ou, simplement, se comprendre soi-même dans cette relation à l’autre.

Ce dire pris dans ces différentes dimensions peut-il échapper à la manipulation, à la main qui se tend vers un autre pour modeler un dire ? Raconter est un acte (de manipulation) qui dit quelque chose de nous sans pour autant faire de nous des manipulateurs au sens pervers du terme.

Le terme « manipulation » est souvent utilisé dans sa version péjorative… et pourtant, le bon artisan n’apprend-il pas à manipuler ses outils pour en découvrir les potentialités et parvenir ensuite à créer l’objet de valeur, la pièce unique ? Et cela ne fait pas de l’artisan un manipulateur.

Alors peut-être pour comprendre la vie, apprivoiser ses dimensions et comprendre l’autre, n’y a-t’il pas aussi « une manipulation » incontournable. Cela ouvre vers autre chose, une création relationnelle, la découverte d’une valeur cachée potentielle, insoupçonnée.

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