P._Oxy._LII_3679

Egoïsme – Lâcheté et Egoïsme

A partir d’échanges autour de la définition de la lâcheté et de l’égoïsme, un animateur a proposé un commentaire :

Voici quelques réflexions que m’a évoquées le différent quant à la définition de la lâcheté :
Comme son nom l’indique la lâcheté consiste à lâcher , laisser trop de mou , sur ce qui devrait être tenu fermement.
Mais à partir de là, les différences d’approche peuvent tenir sur ce qu’il s’agirait de tenir.

Il me semble qu’il y a au moins deux manière d’envisager les choses:

  1. D’une part, on peut envisager la lâcheté au regard d’un devoir moral partagé, devoir moral qui fonde le lien d’être ensemble: un manquement par rapport à un tel devoir serait dès lors une lâcheté morale . Dans cette optique, je rejoindrais plutôt les définitions d’une participante qui voit la lâcheté comme atteinte au bonheur de l’autre, lâcheté comme manquement au devoir élémentaire de ne pas laisser courir les injustices dont on est témoin.
  2. D’autre part, on peut aussi envisager la lâcheté au regard de ses désirs et de ce que l’on s’est soi-même assigné comme choses auxquelles on tient. Il ne s’agit alors nullement d’une lâcheté morale mais plutôt d’un lâcher sur ce qui nous importe ou d’un ne pas tenir par rapport à quelque chose qui importe à soi-même et serait source de bonheur . Ainsi si   telle ou telle chose nous tient à coeur (par exemple réaliser telle oeuvre qui demande un effort considérable), choisir par facilité un chemin qui   ne nous donne aucune chance d’y arriver peut consister en une forme de lâcheté par rapport à ce qui importe à soi-même , ce qui peut alors être la source d’une déception, d’un état moins heureux . Mais bien sûr, s’il existe un chemin plus facile permettant de réaliser l’oeuvre à laquelle on tient, il n’y a aucune vertu à choisir la difficulté, bien plutôt une sagesse à prendre le chemin le plus aisé qui   nous donne d’ailleurs plus de chance d’aboutir; mais bien sûr aussi, par rapport à cette forme de lâcheté par rapport à ses propres désirs personne d’autre ne peut juger qu’un tel est lâche parce qu’il n’a pas choisi le chemin difficile; mais bien sûr encore, chacun a le droit de garder son intimité ou de vivre un bonheur pour soi-même et il n’y a là nul égoïsme ou lâcheté. Ce n’est que par rapport à son propre désir que peut ici s’évaluer si l’on a (ou non) cédé sur ce qui pourrait nous rendre plus heureux, si notre volonté s’est montré trop re-lâchée . C’est selon cette seconde approche que j’avais lu et compris ce que proposait   une deuxième participante.

Tout ce qui précède n’est probablement qu’une troisième manière, elle aussi   partielle et toute subjective, d’envisager les choses.

Je voulais simplement apporté ainsi   ma contribution à cette question qui m’apparaît essentielle pour chacun, espérant ouvrir à la poursuite des échanges soit autour de ce thème, soit en changeant le cap…

  • Que pourrrait signifier la lâcheté au regard des rêves que l’on fait…
  • Et par rapport à l’égoïsme, comment faire le partage entre l’ égoïsme comme défaut moral et le soin tout à fait légitime et indispensable que l’on porte à soi-même , le plaisir que l’on peut avoir d’être en intimité avec soi-même…

Voilà qui serait renouer avec la philosophie telle que la concevait Platon : de grands dialogues sur le courage et la justice.

AM

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