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Enfance- Coincidence

Parmi les thèmes que nous pensions proposer pour les prochains mois se trouvait celui des rêves . Regardant ce qui avait été écrit et dit sur ce sujet dans les échanges, je suis retombé sur une chanson de Michel Berger qui les évoquent ainsi :

 » Comme dans mes rêves d’enfant

 » Comme, comme, comme avant

 » Parler aux poissons

 » Et jouer avec le vent

L’insistance mise sur ce « comme », sa répétition quatre fois, m’ont soudain fait penser que « comme » était peut-être le mot du rêve. Il l’introduit, il ouvre la porte qui donne sur la scène où il a lieu, où l’on va assister (en rêveur) à une sorte de représentation (tout au moins dans les bons rêves). « Comme » introduit une correspondance possible entre une image et des mots, entre une petite histoire et un vécu. « Comme » ouvre la voie à la métaphore, « transport » au sens propre en grec, donc déplacement.

De fil en aiguille le rêve me sembla être un des chemins de retrouvailles avec l’enfance en soi. On s’y transportait.

Mais j’eus peur ! Je me suis dit que c’était peut-être un peu infantile, que parler aux poissons était une belle idée mais si réservée aux rêves d’enfants. J’écartais donc ces vers, qui semblaient vouloir prolonger l’enfance quand elle se termine !

Et voilà que la nuit je rêve d’une descente de montagne à toute vitesse à vélo et   avec mon frère, sans me souvenir clairement de l’âge que nous y avons. Une descente incroyable. Sans entrer dans le rêve, ceci : petits, nous jouions souvent ensemble à construire des pistes sur des tas de sable, devant les maisons en construction ou le long des quais à péniches, pour y mimer des courses d’automobiles avec des petites voitures ou avec des billes. Exactement l’image du rêve ! L’exploit a changé de dimensions, mais il a la même forme, la même apparence.

Il y a donc aujourd’hui quelque chose qui est encore comme avant. Quelque chose de l’enfance vit encore aujourd’hui. Le rêve peut faire retrouver une chose perdue. Grâce à lui, cette chose semble à la fois perdue et retrouvée. C’est assez étonnant comme situation. L’enfance donc ainsi s’y trouve et à la fois ne s’y trouve pas !

Tout cela suivait son chemin en même temps que certains échanges autour de l’enfance, dans laquelle à un moment donné j’eus envie de distinguer entre retourner en enfance et retourner à l’enfance. Et c’est au moment de raconter ce rêve amusant à des proches que m’est venue l’idée que cette différence était comme venue se loger dans un rêve. au moment où, réfléchissant à ce que c’est que rêver, je m’étais décidé à en écarter la part trop enfantine ! J’étais rattrapé par moi-même. comme dans une course de vélos !

Finalement, quelle est la part de notre enfance dans nos rêves ?

MH

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