hyperion

Enfance – Hypérion

Je vous livre quelques bribes d’une lecture à laquelle m’a fait pensé un message.

Il s’agit du texte  » Hypérion « , écrit par le grand poète Hölderlin, fin du XXVIIIième siècle. Le roman se compose des lettres qu’Hypérion adresse à un ami lointain qu’il ne rencontre jamais. Hypérion est revenu en ermite sur sa terre natale, il s’y sent à la fois enfermé et nostalgique.

Au début du roman, Hypérion se révolte contre l’école qui l’a obligé à grandir :

« Que n’ai-je pu éviter le seuil de vos écoles ! La science m’a tout corrompu. Oui, je suis devenu bien raisonnable auprès de vous; j’ai parfaitement appris à me distinguer de ce qui m’entoure : et me voilà isolé dans la beauté du monde, exilé du jardin où je fleurissais, dépérissant au soleil de midi. »

Pour lui qui enfant ressemblait au divin, il estime que maintenant il est comme un mendiant et « ressemble à l’enfant prodigue qui contemple au creux de sa main orpheline les quelques sous dont la pitié l’a gratifié sur son chemin. [.] Comme le travailleur répare ses forces dans le sommeil, mon être tourmenté aime à chercher refuge dans l’innocence du passé. »

En effet, lorsque qu’il était enfant-divin, il était « la paix : il n’était pas encore en conflit avec lui-même. En lui était la richesse : son coeur ignorait l’indigence de la vie. Et parce qu’il ne savait rien de la mort, il était immortel. »

Hypérion se révolte contre les hommes qui l’ont fait sortir de cet état : « Mais cela, les hommes ne le souffrent point. Ils veulent que l’enfant-dieu devienne l’un d’entre eux et reconnaisse leur existence ; avant même que la Nature ne songe à le chasser de son paradis, ils l’entraînent au-dehors par violence ou caresses, sur le sol maudit, afin qu’il travaille, comme eux, à la sueur de son front. »

Pourtant, Hypérion reconnait que peut-être, si les choses viennent à l’heure propice, la croissance peut être aussi une joie: « Toutefois, à condition qu’il ne soit point prématuré, le temps de l’éveil a sa beauté aussi. [.] où notre coeur pour la première fois essaie ses ailes, où nous nous dressons dans la splendeur du monde avec ce feu prompt de la croissance en nous, [.] Quelles courses alors dans les montagnes et sur les rivages de la mer! »

 

AM

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