Amour- Faire un monde de l’amour

En fait peut-être qu’on vit tous dans des mondes parallèles parce qu’on vit dans le même monde, mais on le ressent différemment. Comment le même monde rassemble-t-il des mondes différents ? Voilà la richesse extraordinaire de notre condition d’humain.

Cela m’évoque que l’amour au singulier saisit aussi deux êtres bien différents. Ainsi, la différence dans le même monde organiserait les échanges dans le monde, non pas autour d’une communication totale, mais autour de l’amour qui excède toute compréhension.

Voici quelques éléments de ce qu’évoque pour moi l’amour : construire un monde tout autre à partir de deux êtres qui ne peuvent s’oublier et qui pourtant ne peuvent jamais totalement se connaître ni se comprendre car ils vivent et ressentent les choses différemment.

L’amour est d’abord exil de soi et du monde clos dans lequel on a pu essayer de se réfugier. Sous le choc de l’amour, le monde se trouve transformé, plus rien n’est comme avant, même les bruits, la musique, le champ des oiseaux. La personne rencontrée demeure cependant inaccessible, en même temps proche et on ne peut l’oublier. Tout ce qui est projeté sur l’avenir se trouve pris dans le « nous » plutôt que dans le « je » et le « tu », tout semble être suspendu à ce qu’on n’arrive plus à comprendre.
L’amour est ainsi une merveille terrible ! ou un bonheur tragique ! L’autre devient plus précieux que soi et pourtant il garde son mystère. Sous l’égide de ce « deux », la vie s’ouvre comme jamais auparavant, ce qui rend terrible aussi la perte de l’autre qui est aussi la perte de l’amour et de cette merveilleuse ouverture. L’impossibilité d’atteindre à l’autre dans l’amour, et le vide laissé par la perte de l’amour rendent véritablement l’amour le plus grand bonheur et la plus grande tragédie. Rien de plus beau, rien de plus terrible. Ce qui fait dire aux poètes que l’amour, parce qu’il est impossible, est le bien le plus précieux, ce sans quoi rien ne vaudrait.
Et le plus terrible, mais aussi le plus merveilleux, c’est peut-être que l’amour ne se choisit pas: il peut nous tomber dessus sans qu’on n’y comprenne rien, comme un coup de foudre, et, quand on a été pris, il ne se laisse plus effacé. Les canadiens utilisent pour cela l’expression « tomber en amour ».

Voilà comment pour ma part je me suis rendu compte un jour que l’amour m’était tombé dessus, je n’étais plus seul, une autre ne se laissait pas oublier quoique je fasse, pourtant je ne pouvais pas la saisir ni vraiment la comprendre, et ça ne laissait pas de repos, et tout un monde s’est ouvert que je ne soupçonnais pas auparavant.

AM

publié dans le scriboire, pass-thèque and tagged , , , .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *