1003665-La_carte_du_Tendre

Les échanges autour du thème des lieux

 

proposé par RM

 

Quels sont les lieux dont nous ont parlé les participants de Passado ?

  • Les premiers messages spontanés se sont fait écho sans l’avoir cherché… Il y a le dedans et le dehors, les rencontres et la solitude – rencontres avec d’autres ou avec soi-même… Les préférences à cet égard sont assez contrastées !
     » L’endroit où je passe le plus de temps est ma chambre – c’est le seul endroit que je peux arranger comme je veux. «  » Moi je n’aime pas du tout rester chez moi, quand j’y suis je tourne en rond, je m’ennuie. Par contre, quand je sors je vis à nouveau, je ne suis plus du tout la même. « 
     » Des lieux que je recherche, ce sont des lieux inconnus de la populace… où l’on n’y voit jamais personne et où l’on a la tranquillité absolue. « 
     » J’aime bien aussi me balader dans Bruxelles-centre et découvrir plein de nouveaux endroits-où-j’avais-jamais-été-avant, et rencontrer des gens bizarres. « 

     » Ah la zone ! voilà un mot pour les lieux ! Ce serait comme une bande neutre à l’époque où il n’y avait pas encore de frontières – on disait aussi des marches – , désert, marécages, forêt vierge surtout où chacun pouvait voyager et chasser de plein droit. Il n’y en a plus vraiment beaucoup, des endroits comme ça de nos jours. « 

  • Un thème qui par contre a donné lieu à beaucoup d’échanges, ce sont les lieux qui rendent tristes, que l’on aime fréquenter pourtant, les lieux de nostalgie, de spleen ou de mélancolie…
     » Il y a beaucoup de lieux qui me rendent triste. Le problème, c’est que je ne peux pas m’empêcher d’y aller. Suis-je sado-maso ? Peut-être. J’y vais, parfois j’y pleure et j’aime bien ça. «  » T’es pas sado-maso si t’aimes aller dans des lieux tristes… ni dépressive parce que tu fais ça, disons qu’on appelle ça le spleen je crois. Certains écrivains aiment cela, ils aiment la douceur de la mélancolie, qui a dit que ce qui était triste n’était pas beau ? « 
     » Pour ma part je n’ai pas d’endroit qui me donne cette nostalgie… mis à part l’internat où j’ai vécu pendant cinq ans. La plupart de mes heures là-bas ont toujours été sombres et bourrées de mauvais souvenirs. Sinon, pour retrouver cette nostalgie, une clope, un ami à qui parler, une bière et un endroit sombre me suffisent. « 
     » Les lieux qui me foutent la mélancolie sont : la plage au soir et des endroits particuliers où j’ai vécu de bons moments que je ne revivrai plus. « 
     » Personnellement, j’ai pas d’endroit où je me sens mal là où j’ai des bons souvenirs. »

Cette nostalgie peut se retrouver aussi dans la musique que l’on écoute, les films que l’on voit… Ca fait parfois tellement de bien de pleurer pour des histoires, des situations, des émotions où l’on peut se reconnaître, sans que ce soit tout à fait les siennes pourtant…celles-là, elles font trop mal ! C’est pour cela que ce n’est pas  » sado-maso « , c’est peut-être au contraire une manière de donner une place plus douce à nos propres émotions, de donner le droit à la tristesse d’être là, tout simplement. Et quand elle a pu s’exprimer, elle laisse place à plus de bien-être…

  •  » Penses-tu qu’il y a de la nostalgie dans ce que tu décris ? Ce sont peut-être des lieux où se trouve le désir de quelque chose sans qu’on sache de quoi, une invitation à faire un bout de chemin, à reculer un peu… mais pour mieux sauter… et pas sans en emporter quelque chose avec soi? « 
  • Il y a eu des lieux très concrets cités par les participants, fréquentés dans leur quotidien : Wavre, le Brabant Wallon, Bruxelles-centre, tel parking de GB, tel cimetière, tel bois …
  • Il y a eu aussi des lieux plus lointains (vacances obligent !), lieux de voyage… La Hongrie, la mer, Paris, l’Angleterre, Vienne… Des lieux où l’on peut se sentir différent, retrouver des parties de soi plus enfouies dans la vie quotidienne…

« J’étais partie à Paris – ma ville natale. J’avais oublié combien je me sentais bien dans cette ville. « 

 » L’Angleterre est vraiment quelque chose pour moi. La première fois que j’y ai été, il y a trois ans, je suis totalement tombée amoureuse, du pays, de la langue et des gens… Là-bas, tout est tellement… différent ! Londres est une de mes villes préférées, il y a là-bas une véritable culture alternative, là-bas les gens ne te regardent pas bizarrement quand tu portes du rouge à lèvres noir on un collier avec des piques de 5 cm. « 

 » Vienne. Tout d’abord la ville est vraiment très belle, tout le monde parle allemand – j’aime bien l’allemand ! – et il y a plein plein plein de punks dans le métro. « 

  • Mais le voyage peut être aussi imaginaire… Ainsi ceux qui n’ont pas l’occasion de partir en vacances peuvent-ils aussi découvrir d’autres lieux…
  • J’aimerais déjà voyager… mais quand je dis voyager, c’est me barrer purement et simplement sans attache au gré de mes pensées… J’ai envie de me diriger vers le Sud où il fait chaud ? et bien j’y vais… dans un rêve, je suis marin vers les années 1600… la route de l’épice etc… les caraïbes… nostalgie d’images vues mais que je ne ferai peut-être jamais. « 
  • On croirait qu’internet est un lieu  » virtuel « , et pourtant… Dans les témoignages des participants de l’Espace d’échange, on découvre qu’il peut être aussi le lieu de vraies rencontres, et même, les parents le croiront-ils, faire sortir les ados de leur chambre !
     » C’est seulement en juillet dernier que j’ai commencé à réellement sortir de ma chambre, avec la connaissance (sur internet) de celui qui est devenu mon meilleur ami et pour moi le frère que j’ai jamais eu… Grâce à lui et à internet j’ai vécu énormément d’expériences. «  » Tu dis par ailleurs que maintenant tu sors de ta chambre ! Quels sont les lieux que tu as découverts, où tu te sens peut-être bien ? L’amitié peut-être ? Qui est une sorte de lieu aussi si on veut… D’où que je me sois demandé ce que serait un lieu où l’on peut être seul sans se sentir seul ? Crois-tu que le net permet cela? »

Et l’on en revient au thème rencontre-solitude, et aux lieux plus affectifs que localisables sur une carte… sauf peut-être la  » Carte du tendre « , jolie figuration de ces lieux que l’on fréquente avec les gens que l’on aime…

RM

 

Figuration graphique des relations sociales élégantes et des itinéraires du parfait amour dressée par Mlle de Scudéry dans son roman Clélie (1654-1660): photo

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