Un coeur en enfance

par MH

 

 

Dans un message intitulé «  Enfance  », une participante raconte en recourant à plein d’images comment elle se sent tirée hors de l’enfance et «  poussée   », comme le dira une autre, «  dans le monde des adultes  » :

 

Le vent souffle lentement sur les voiles de la destinée, je suis le passager naufragé d’une existence sans balises de sécurité. Voguant, au milieu de l’océan, poupée de chiffon qui flotte, doucement bercée par les vagues, errances sans but. On me dit que le futur m’attend ! Tu crois qu’il est très impatient ? Parce que grandir c’est mourir et je ne veux pas qu’on m’ampute mon imagination& S’il vous plait, je veux rester encore un peu assise sur l’arc-en-ciel avec mon ami imaginaire. Ne m’entraînez pas avec vous dans l’escalier en spirale, il faut encore que j’aille cueillir les étoiles. Pourquoi personne ne voit quand la lune sourit ? Je ne veux pas faire partie de votre monde voilé. On m’a dit que les humains avaient une âme, dis-moi alors pourquoi leurs yeux sont toujours vides. Aujourd’hui j’ai pêché un rayon de soleil, je voulais l’offrir à un ami, mais il n’y avait que mon reflet tremblant, triste et seul se noyant au fond du lac. Même les poissons dorés se sont tus, on m’a dit que c’était les hommes qui les avaient enlevés, mais tu crois qu’on peut tuer quelque chose d’aussi joli ? Les lumières de la ville hypnotisent mes yeux, à cause d’elles j’ai perdu mes étoiles. On m’a appris à foncer droit devant alors j’ai oublié comment on regarde les dessins dans les nuages. On a décidé que la vie est grise, alors j’ai rangé mes crayons de couleur au fond d’un tiroir. On m’a dit que j’étais devenue grande, alors j’enterre mon enfance, requiem pour des rêves qui sentaient la lavande, au milieu de larmes d’une petite poupée à qui il manque les yeux.

 

L’escalier en spirale., chute et tournis. La tête prise de vertige. Une chute comme un vertige. Où s’accrocher, à quoi ? Faut-il donc enterrer l’enfance ?

Une participante avait envoyé en message le texte d’une chanson :

 

Tuer l’enfant

Tu es l’enfant

Tuer l’enfant qu’on a dedans

C’est ça l’auto-avortement

Reste le môme perdu comme avant

Fait divers, de Téléphone

 

Echo terrible, dont l’issue est tragique. Une mort qui n’est qu’un fait divers. Mais quelqu’un devait (re)naître pour que le « môme » ne soit pas « perdu ».

 

Cet enfant à tuer, ce n’est pas soi. On ne l’est déjà plus cet enfant. On le porte en soi. C’est cela qui est si difficile. Si on ne l’est déjà plus, comment quand même garder le contact avec lui, puisqu’il est aussi une partie de soi ?

 

Autour de ces questions si essentielles, plein d’avis s’échangent alors, qui apportent diverses touches à ce tableau dépeignant une enfance fondue dans un brouillard, de laquelle on se sent « exilé  », comme dit un animateur :

 

la touche du bonheur,

quel hyper beau texte personne ne demande de perdre ton imagination et ce qui fait de nous des enfant juste garder ce qui rend un enfant joyeux pour etre heureux tout en etant grand…

l’envie de pouvoir continuer à jouer,

je ne pense pa ke les enfants soient spécialement naïfs et innocents (ils sont capables des pires méchancetés entre eux :p) mais ce qui me manque c cette faculté de rever, et aussi le droit de pouvoir accorder de l’importance a ce qui est vrmt importan pr soi et pa pr les autres (un gosse ki préfère s’amuser ke penser aux « choses sérieuses » c normal, un adulte ki préfère s’amuser que penser aux « choses sérieuse » c un fénéant, un irresponsable…)

 

la couleur que mettent les rêves,

j’ai tellement envie de retourner dans mon enfance l’époque ou a nos yeux tout avait l’air si rose,l’époque ou on était si naîf ou insouciant,l’époque ou on etait pas stressé par le fait de reussir ses études ou de tout simplement réussir sa vie,mais ce qui n’a pas changé,je pense,c’est qu’on a tjs nos rêves et on aura tjs des reves. c’est ca qui rend la vie belle:l’espoir et les reves (et plein d’autre chose aussi)

 

leur permanence,

tu narrive plus a ouvrir ton esprit o reve?!ouï! alor cmt tu fais pr vivre !?tu trouve ke tu revai pus qd tetais enfan? moi je ne pense pas je pense seulemen ke tu as plus de responsabilité ke qd tetai enfan et que dc tu attache moin dimportance a tes reve et ke tu les oublie peu a peu mais je crois kil son tjs la mais ke ti pense moin dc i prenne moin de place que qd tetai enfan.

 

l’inévitable solitude aussi désormais,

si je compend bien tarrive pas a gerer tes curiosités et « les choses serieuses »?ce que je veu dir par curiosité c kon est ts passionné par qqch ki ne passionne pas forcement lotre et ke donc lotre ne trouve pas sa important alor ke pr toi c importan.mais on senfou ke les otres trouve ca pas important,ce qui compte c’est toi et que tu tamuse ,que tu respire de temp en temps!

 

et le souvenir à conserver précieusement

C’est vraiment domage kon t fait grandir trop vite pcq l’enfance est un etape,une evolution,et aussi un mmt merveilleux je compatie.

 

………….

 

Voilà que quelques échanges plus tard, venant d’une séquence qui n’a rien à voir, comme s’il était jeté de la rive d’en face de la rivière tourbillonnante où a projeté brusquement l’entrée dans l’adolescence, arrive un message d’une autre participante, qu’elle a intitulé « l’adolescence » :
L’adolescence peut etre le pire moment de la vie. A ce moment là, on découvre tout ce qu’on nous cachait. On ne peut plus nous mentir, on est assez grand pour voir la vérité. La déception envers les parents arrivent, les disputent éclatent et sont de plus ne plus fréquentes.

A l’adolescence, certains n’ont presque rien et d’autres le vivent très mal. Ceux-là, il faut les aider, les soutenir. Si on ne le fait pas, ils peuvent faire de grosses betisses. Mias ceux-là peuvent en resortir plus fort que les autres. Les difficultés qu’ils ont eues durant cette période peuvent les aider à avancer. A l’adolescence on veut se separer complètement de ses parents, c’est bien. Mais eux ne doivent pas totalement nous laisser tomber car même si on ne le veut pas, on a encore besoin d’eux!!!

C’est à ce moment là que ceux qui ont eu un maque d’affection le ressente et la chercher peut-être ailleurs surtout quand ils ont dur à traverser cette période de la vie. Ils vont par exemple si leur père n’était pas assez présent durant leur enfance, chercher quelqu’un de masculin pour les écouter et les aider. Même chose si c’est la mère qui n’était pas assez là, ils chercheront quelqu’un de féminin.
Les questions à cette age là peuvent fuser dans leur tete mais ils ne les poseront pas. Ils ne veulent pas montrer qu’ils ont des faiblesses, ils vont les cacher et ça peut leurs faire encore plus de mal !!!!!
La discusion et le soutien sont super important !!!!!!!!!!!!!

Expérience partagée.

 

D’accord avec toi sauf sur un point : Je ne crois pas que se poser des questions soit une faiblesse.

 

. dont cet écho appelle une précision :

 

Je sais mais c’est ce que je me suis dis pendant tout un temps et c’est ça qui a fait que je me re,nfermait sur moi même donc je l’ai marqué

C’est aussi pour ça que je mais la dernière phrase qui est super importante.

La discusion et le soutien sont super importants

Voilà

L’Espace d’échanges sert parfois à marquer, parfois aussi à discuter, même si

mon journal intime, c’est ma thérapie pour l’instant.

on a parfois envie de partager des pages de son journal intime. Ce n’est pas qu’il faille toujours qu’y vienne une réponse, mais de pouvoir le déposer quelque part et de savoir qu’on a été lu.

Avoir été lu, comme c’est important ! Une participante conclut ainsi un message qu’elle a intitulé «  Réflexion sur la vie  », dans lequel elle a essayé de dire comment elle sent que   la mort est à l’ouvre dans la vie :

 

Si quelqu’un a compris ce texte. c’est juste un petit délire. en écoutant de la musique, je crois qu’il ne faut pas chercher de sens dans ce texte. il n’en a pas ! Merci pour ceux qui auront eu la sympathie de le lire !

 

Présence d’un lecteur, d’une écoute. Cela aide à sauver   l’enfance dans ce qui vient après, pour que cet « après » ne devienne pas une suite de moments où progressivement

Elle ferme les yeux et dans ses rêves

Elle part (.)

 

Car sur la terre et dans les cieux

(l)es anges n’aiment pas devenir vieux

Cendrillon, de Téléphone

 

Alors place aux rêves et à l’imagination, pour s’approprier ce qui doit devenir de soi, afin que si

 

le résumé de la vie, si triste mais pourtant si réel. on est triste à l’adolescence mais on ne veut pas vieillir pour   autant et on a bien raison. ,

 

on en sorte renaissant, changé mais emportant serré dans ses bagages ce qu’on sent vraiment de soi.

MH

 

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