Partir c’est mourir…un peu

Partir est le dernier thème qui a été proposé. Il a été l’occasion d’échanges dont nous partageons ici des bribes. Avant cela, nous pensons au sens tragique que l’actualité a redonné à ce mot par le meurtre du jeune Joe et d’autres. Il ne peut résonner que dans un appel à la vie.

Partir ! Un verbe qui en évoque des choses ! A partir simplement de l’idée de partition, de séparation entre des parties, de division dans un supposé « Grand Tout » !

Partir, c’est quitter, affirme hardiment M. Avant de partir, elle m’a prise dans ses bras, pendant cinq minutes au moins, comme elle l’avait fait dans le temps, c’est fou je me souvenais de son visage, directement que je suis arrivé et que l’ai aperçue, je suis retournée chez moi et j’ai mal de l’avoir quitter encore une fois, je suis triste et ne sais pas pourquoi. J’ai mal au plus profond, elle est là, je sais que je peux la voir quand je le voudrais mais j’ai mal et je suis triste malgré que je l’ai revue après dix ans d’absence, raconte B. dans un récit poignant. Qu’est-ce qui fera que l’absence ne sera plus rejet ?

Partir, sans être trop déchiré dedans. Des amis partis vivre loin semblent avoir emporté la part la plus importante de nous avec eux. Comment vais-je ne pas perdre ce que la présence de l’amour ou de l’amitié de l’autre m’apportait aussi de moi?

Il y a aussi les amis auxquels on se sentait si attaché avec lesquels une soudaine distance s’est créée. Parfois on a bien du mal à repartir, à s’envoler à nouveau.

Partir s’évoque dans ce qui vient et qui repart, dans ce qui ne disparaît pas, dans ce qui ne part pas, dans ce qui revient toujours pareil. Alors, parfois partir c’est… fuir !, écrit Lu. Mais pourquoi pas, de temps à autre, quand on ne sait vraiment plus ? Partir loin de tout, loin de toute cette incompréhension, écrit S.

Rêver, écrit L., c’est s’en aller de la réalité, c’est partir vers un monde qui à nous seul nous appartient, c’est imaginer des choses qui ne sont représentables qu’à nos yeux, à nous. 

Partir évoque évidemment le fait de mourir. C’est, écrit une participante, le sens caché de mourir. Les mots sont là pour dire, toujours plus qu’ils ne disent.

S, qui a perdu tragiquement un ami proche, pense que Partir, c’est aller attendre les autres plus loin. 

Pour La Partir, c’est aller loin pour toujours. Mais en est-on libre, comme si l’idée d’une dépendance venait se glisser au dernier moment pour rappeler que la vie est prise dans un désir qui nous dépasse. Ces même gens à qui tu tiens et qui tiennent à toi… ce p’tit bout de chose qui finalement est un truc énorme au bout duquel tient ta vie, écrit Lu.

Partir pour ne pas revenir, avec l’espoir de ne pas avoir à revenir. Ou alors revenir…, mais différent ! Sinon à quoi bon partir ! Partir loin de moi, s’écrie Ca. Envie de changer de peau.

Je veux partir et arrêter de tout détruire
Avoir un but autre que mourir ou survivre
, écrit Lu.
Partir pour bâtir, sans avoir à lutter avec la question même de vivre. Quel en est le secret, quelle en est la clef ?

Voyager, passer, partager, laisser des traces, pour soi et pour les autres, créer du souvenir, le bonheur de le revisiter et l’envie de repartir.

MH

 

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