De ce qui se joue avant un an… ne cessant ensuite de se déployer

 

Germes encore vivaces d’une première année d’animation
Pour MH
Sous le paraphe MH, dans l’espace d’échange, a œuvré pendant six ans un animateur, également coordinateur de l’équipe. Alors qu’il poursuit maintenant ses activités ailleurs, cette trace de passage reprend quelques virtualités déposées par lui durant la première année de passado.be. Attention, il s’agit d’entendre virtualité dans son sens fort, celui d’une mise au monde de la réalité.

Limbes
Alors que l’espace d’échange était encore dans les limbes, lors d’une première réunion avec MH, les échanges entre futurs animateurs ont été animés, voire efflorescents. Le brainstorming tournait autour de l’enjeu, ô combien délicat, de choisir un nom de baptême pour l’espace futur, espace dit virtuel, dont nous escomptions pourtant des effets de vérité bien réels. Parmi les chemins perdus dans ces limbes, le nom « cité ado » nous était d’abord venu à l’esprit ; MH, très justement et sans hésiter, nous a ouvert à une autre dimension, afin de nous dégager de ce qui aurait pu désigner un lieu clos, un espace séparé, voire un parc pour l’adolescence… Un tel rappel nous a recentré sur la visée sous-jacente présente depuis le début : celle d’accompagner le passage de celui ou celle qui se trouve saisi(e) par l’adolescence. Si vous prononcez rapidement « espace et/de passage pour l’adolescence… », par déformations et raccourcis, vous obtiendrez « passado », nom sous lequel nous nous reconnaissons. Merci MH, de la part de tous les passadiens, d’avoir ainsi contribué au désenfouissement du nom. Et quant à la vie en puissance — débordant toujours le nom comme il en va d’un corps de son habit — qui se tient en réserve sur passado.be, MH en a proposé une transcription remarquable et originaire, transformant la discussion à bâtons rompus en un texte de parl’écoute qui a trouvé lieu dans le menu déroulant du site, ainsi sur le recto de nos folders.
Jour J, le 24 juin 2002
Après la gestation ainsi évoquée, apparaît le premier message sur l’espace, marquant le jour de la naissance du dispositif longuement rêvé.
4 mois et 8 jours
Passant sous silence les premiers pas, notre premier échantillon de germe accoste sur les puissances de l’amour qui nous saisit pour le meilleur et pour le pire, thématique à la dialectique complexe accompagnée par MH grâce à ces mots :

L’amour a tendance à nous rendre prisonnier… de notre amour. C’est comme une forme qui voudrait vivre par elle-même ! J’ai l’impression qu’il y a là comme une sorte de noeud, qui a l’air en plus inévitable ! L’art est peut-être de faire en sorte qu’il ne se noue pas. Mais l’expérience m’a appris que c’est un art qui ne se cultive malheureusement pas par la conscience, ou la volonté si on préfère.
Cette prison se construit, me semble-t-il, avec ce que nous aimerions que l’autre reçoive de ce qu’on lui donne. Dès lors il me semble qu’aimer c’est peut-être pouvoir donner à quelqu’un qui ne l’a pas demandé.
Evidemment, ce quelqu’un doit être disponible de son côté pour en recevoir quelque chose. Mais ce quelque chose n’est pas moi ou ma personne, mais ce que mon désir m’a poussé à inventer comme don à lui faire, un don dans lequel elle sent ma présence. L’amour est peut-être cette envie que l’autre se sente briller d’une lumière qui le traverse et le dépasse quand il accueille comme une surprise ce peu et ce tant de vie à la fois que nous ne savions pas que nous pouvions faire venir au jour.
Voilà une petite idée. Tu nous diras peut-être ce que tu en penses à l’occasion. Et je suis sûr que les participants auront bien d’autres choses à dire.
6 mois et 4 jours
Presque deux mois plus tard, un animateur se trouve rudement interpellé par un participant :

« Tu prends vraiment les gens pour des… !? À chaque fois, on te repond par un poème à dix balle et à la rien a voir ou bien par une autre question … enfin bon, tant que c’est gratuit… ».

MH ouvre alors un praticable soutenant chacun, préciosité d’un espace de passage où l’énonciation peut s’engager :

Le dernier texte en forme de poème ne me semble pas du tout ne rien avoir à voir avec ça, que du contraire ! A chacun son style, non ? Pour ma part, je peux te dire que quand j’écris quelque chose, j’ai pas l’impression que c’est gratuit.

Dans la foulée, quatre jours plus tard, c’est l’aura d’une signature de participant que MH dessine sans rien forcer ni rabattre sur une signification précise, accordant simplement élan à la signature comme nom propre d’un nouveau passadien :

C’est comique ta signature. La fougère est une plante qui se déroule au printemps comme un serpentin de carnaval ! Elle peuple les bois et les jardins, elle s’accroche partout, elle est un moyen de camouflage, et que sais-je encore ! C’est un végétal riche en évocations.
6 mois et 20 jours
Deux semaines plus tard, la végétation luxuriante des messages s’épaissit. Un passadien fait alors remarqué qu’il est bien difficile de tout connaître de cet espace qui a vocation de transparence tout en gardant toujours et encore des coins d’ombres ayant échappé à l’exploration, et donc encore et toujours à découvrir. Une telle latence avec ces discontinuités occasionne parfois des malentendus où l’on se sens la cible d’un propos en suspens dont le chemin s’est perdu. De quoi rappeler cette forme de philosophie d’un positionnement le plus juste dans les discours passadiens :

Tu disais quelque chose de juste : il n’est pas évident de suivre le déroulement des messages, les arrivées des uns et des autres… Son « sans pitié », qui t’as semblé tourné vers toi, était adressé à elle-même, me semble-t-il.
Je vous propose ceci qui peut aider : vous laisser traverser par ce que vous arrivez à lire, ne pas chercher une réponse pour chacun, et vous laisser aller à votre propre rythme de participation à Passado.
Notre place sur Passado est celle qu’on peut se donner de cette façon.
Le même jour, un participant, interpellé par un animateur à propos de sa réaction jugée un peu trop vive à propos d’un autre participant, rétorque que sa réaction n’est que la suite logique du message de l’autre perçu comme une provocation. De quoi cette fois soutenir l’interlocution susceptible de conduire à un bien dire, ce qui ne signifie nullement le morne accord mais plutôt la liberté de provoquer la voix d’un autre.

Provoquer, c’est en appeler à une voix… peut-être est-ce là le sens que tu y mets, t’étant toujours montré très désireux que les échanges sur Passado soient actifs. Entendons-y donc un appel à entendre la voix des autres !
Mais à cet appel, je souhaite réagir en disant que chacun prend la parole quand il le veut et comme il l’entend. Le rythme de chacun fait aussi partie de sa façon de participer. Le silence est plus souvent qu’on le veut bien aussi une réponse.
Maintenant, dans son contenu ce message est une provocation à quoi ? À partager un moment [d’intimité trop intense] d’extase ? Saouler de paroles peut être comparable à un gavage… il faut un trou quelque part pour qu’il y ait de l’air ! Un appel d’air, par où d’autres choses peuvent se glisser…
Mais parler de son intimité, est-ce la dévoiler ? Je le comprends plutôt comme une tentative de penser à partir… de son intimité, c’est-à-dire qu’au sens propre du mot partir, c’est la quitter un peu. Partir, partie, faire une séparation.
C’est dans ce mouvement-là, qui parfois c’est vrai ne peut se témoigner que par une sorte d’appel, qu’une place est laissée aux autres.
La suite des échanges reste un peu tendue, la crise du 6ième mois est intense, elle ouvre cependant à la possibilité d’une maturation, au gré d’un déploiement des règles d’une parole la plus juste. Il s’agit d’accompagner ces paroles, incisives jusque dans leur excès, tentant de traduire ou témoigner d’une douleur dont la violence se fait brusquement sentir, se réverbère sur chacun et circule entre les autres, renvoyant un reflet des plus subtil, selon une richesse déformante redoutable, bien au-delà des miroirs ordinaires.

Certainement que chacun a un mal en lui… dont il tente de dire quelque chose aux autres avec les mots qu’il trouve. Le rapport au langage, la sensibilité aux jeux qu’il permet sont propres à chacun. C’est ça qui fait le style de chacun, style qui varie sans doute avec l’humeur, mais conserve la petite touche qui est propre à chacun.

Je me demande si dans les échanges il est question d’attendre des réponses ou d’y faire écho en se demandant ce que l’autre attendrait comme réponse ? À travers la singularité de chacun s’expriment les différences, qui font aussi qu’il y a échange. Sinon, on parlerait ensemble comme si on se trouvait seul devant un miroir !

Cette singularité n’est sans doute pas unique, mais l’exprimer a quelque chose d’unique, qu’il faut accueillir. Quand on lit ce que dit un autre, on se sent traversé (ou pas) par ce qu’il dit, et c’est de ce que ça produit en nous-même qu’on parle alors. S’agit-il de le comprendre ? L’entendre est déjà pas si mal. Personne n’a la responsabilité de comprendre les autres, mais en participant chacun s’engage à dire quelque chose de ce que réveille en lui ce dont ils témoignent. [Une telle] explique ne pas comprendre le peu de réactions qu’elle avait eues à ses premiers messages. Il n’est pas simple de se laisser traverser par ce qu’on entend, il n’est pas simple de vivre avec quelque chose qu’on n’arrive pas à placer quelque part en soi. Mais il me semble que d’avoir pu adresser ce qu’on avait envie de dire aux autres participants donne la chance d’avoir pu le déposer. Ca peut ensuite faire son chemin.

7 mois et 4 jours

L’espace a bien grandi en franchissant la limite du mois suivant. Des messages témoignent de la frustration quasi insupportable d’un participant d’être mis à distance par son amie ; il décrit sa fuite dans l’action avec une autre, ce qui ne le conduit qu’à un approfondissement du désarroi. Le germe transmis permet ici d’établir un jeu des distances et des intensités, ouvrant l’espace pour exister avec soi-même et avec l’autre.

Avoir besoin d’une distance n’est pas nécessairement une remise en cause de la relation. A la distance j’associe personnellement toujours la différence. Et en parlant de l’autre comme d’une jumelle, ce qui frappe, c’est que ça annule la distance.
J’ai lu aussi que tu écris ne pas savoir « quantifier » des sentiments. Ca m’a surpris car j’aurais écrit moi plutôt « qualifier » ? As-tu l’impression que c’est le beaucoup des sentiments qui les qualifie ? Que cela, ça te permettrait de distinguer entre amour et amitié ? Je ne suis pas sûr du tout que le beaucoup, ça fasse différence.
Différence me fait aussi penser à différer. Parfois il faut se contenter de l’attente, d’un laisser venir. Je ne pense pas à une attente passive en disant cela, mais plutôt à quelque chose comme un inaboutissement (ce mot n’existe pas dans le dictionnaire, mais je n’en vois pas d’autres, et tu le comprendras), quelque chose qui nous tient en éveil de nous-même et peut-être plus richement alors des autres que nous sommes amenés à côtoyer.

8 mois et 2 jours

Un mois plus tard, une autre participante qui a bien besoin de mots de la part de l’animateur, afin de se soutenir à hauteur face à une rupture amoureuse :

Une rupture amoureuse, plus encore quand l’on se fait plaquer, est une expérience très dure. On charrie des sentiments mêlés d’injustice, d’incompréhension, d’abandon, de trahison, c’est un peu comme notre place au monde qui nous semble mise en question. Ce qui m’interpelle aussi dans ton message c’est quand tu dis que tu as voulu oublier, parce qu’il me semble que le vrai oubli c’est de pouvoir se souvenir. Ca te paraîtra peut-être contradictoire, mais ce que ça veut dire c’est simplement que des événements comme ça nous invitent à regarder ce qui nous arrive en face. Il me semble qu’en en parlant comme tu le fais dans ton message, c’est ce que tu fais. Bien à toi,

9 mois 8 jours

Un nouvel arrivé se présente, avec le projet de rencontrer et tchacher avec des jeunes de son âge. La réaction des autres ne se fait pas attendre : ils défendent la spécificité de l’espace passado « qui n’est pas un club de rencontre ». La mission est délicate : d’une part éviter le rejet du nouveau venu souhaitant trouver une compagnie, d’autre part maintenir l’esprit singulier de passado.be.

Passado est bien un espace pour des échanges, pas un espace pour des rencontres. Nous n’en démordons pas, il n’est nullement question que nous en faisions autre chose.
Mais soyons plus précis, car il n’y a pas d’échanges sans des rencontres. Demandons-nous quel genre de rencontres ? Passado permet que se rencontrent des difficultés, des vécus, des expériences, des idées, des colères, des moments de bonheur et de désespoir, des questions de toute sorte, tous des états, ou des situations, ou des événements (subir un viol, se faire larguer par son ami, une séparation des parents ou avec les parents, etc.) que les adolescents traversent. Traversées difficiles, périlleuses à l’occasion, paraissant parfois sans issue, surtout qu’une part de solitude y est irréductible, qu’on ne peut pas l’éliminer.
Les animateurs, nous avons fait le choix de laisser un temps de découverte aux nouveaux venus. Nous imaginons qu’un nouveau venu passe la tête par la porte entrebaîllée, écoute et regarde, et puis soit entre, soit repart (il serait évidemment mieux qu’il le dise), quitte à revenir plus tard, quelques temps plus tard, quand quelque chose de sa vie lui rappellera cet endroit et qu’il se dira que tiens là je pourrais parler de ça que je vis maintenant. Et c’est ici que s’explique la deuxième règle de participation à Passado (il n’y en a que deux !), à savoir que si pendant un mois on ne manifeste pas sa présence, son inscription est désactivée (ce qui nous permettra de la réactiver sur simple demande). […]
Et sachez que vos remarques restent les bienvenues… il nous semble tout à fait essentiel que la dimension de l’accueil à l’espace d’échanges reste active, dimension qui peut tout à fait s’accommoder à l’occasion d’un petit choc visant à réveiller les endormis ou à secouer gentiment les timides !

10 mois 17 jours

Un nouvel inscrit explique qu’il « traverse une période assez grise (voire parfois noir) de sa vie » et que « bien sûr peu de gens s’en doutent car je camoufle cette souffrance derrière un masque de comédien bien rodé ! » La question insiste en lui : « comment est-ce possible d’être parfois si déprimé (ou perturbé) alors que j’ai tout pour être heureux ? » Il explique « j’ai longtemps cherché la source de mon problème mais depuis quelques temps que je suis bloqué. Cette longue période de « remise en question » m’a apprit beaucoup sur moi-même et sur les relations que j’entretiens avec les autres. J’ai lu quelques livres de philosophie et de psychologie qui m’ont permis d’évoluer. Mais je pense que cette progression personnelle à ses limites et qu’il est temps pour moi de m’ouvrir vers les autres afin de partager honnêtement ce qui me pèse sur le cœur. Alors je suis tombé par hasard sur un article … qui parlait de Passado et maintenant j’ai envie de faire partie du groupe des participants. J’envisage Passado comme un passage, un tremplin qui me permettra (je l’espère) de briser certaines chaînes. »

MH déploie de nouvelles perspectives, envisageant la richesse des dialectiques entre les masques et la réalité, soulignant l’intérêt d’une réflexion tout en marquant la nécessité d’un point d’arrêt, un « c’est assez » qui n’interrompt que pour s’ouvrir à l’inconnu :

Bienvenue !
On a besoin de masques aussi, qui le nierait. Ca rappelle le thème actuel. Mais c’est peut-être une chance qu’ils se brisent, quand les choses qu’ils servent à dissimuler nous empêchent d’avancer. Le souvenir d’un film me revient, que je crois amusant de vous raconter.
Un très beau film italien, qui s’intitulait Il maschera (Les masques, si mon souvenir est bon). C’est l’histoire d’un noble italien très frivole et très séducteur qui va, alors qu’il ne croyait pas le chercher, trouver l’amour. Une femme de passage, tsigane, enjouée et mignonne, appartenant à une petite troupe de gens de foire gagnant sa vie en allant distraire de château en village, lui résiste, et le jette dans une tristesse et un sérieux surtout qu’il ne se connaissait pas. Un peu troublé et perdu, il se décide à consulter un fabriquant de masques un peu magicien sur les bords qui, convaincu d’ainsi réussir à le sortir d’embarras, lui en propose un assortiment, aussi différents que somptueux les uns des autres, parfois même terrifiants quand ils apparaissent, pour qu’ils s’en servent afin de la surprendre et lui faire alors sa cour. Et le voici dès lors obligé de jouer des personnages, de les inventer, tous différents, mais pour tenter de lui dire toujours la même chose.
C’est une jolie histoire je trouve.
Pour la remise en question, je me disais, en boutade, qu’il est peut-être nécessaire parfois de remiser la question… pour pouvoir s’occuper de trouver ses réponses ! Qu’en pensez-vous ?

11 mois 2 jours

MH diffuse sur l’espace un message précédé cette annonce « idée pour ne pas s’encombrer trop longtemps d’un problème. » Une participante y explique que, comme d’autres viennent de le dire sur l’espace, elle a parfois le problème de « ne pas arriver à aborder un mec », elle « passe alors beaucoup de temps à le résoudre ». Ensuite, elle enchaîne en énonçant un conseil pour l’autre « T’essaies d’y réfléchir et de trouver la solution la plus rapide et la moins chiante. » Cette dialectique entre l’aventure de la réflexion et le refuge en une trouvaille rapide est à soutenir et à expliciter :

Aborder quelqu’un, c’est est lui parler : on dévoile toujours alors un peu de soi. Ca fait évidemment peur ! Ce n’est donc pas aisément qu’on le fait. J’ai l’impression qu’on doit sentir que la force qui nous y pousse nous appartient vraiment, qu’elle vient bien de nous-même. Alors, si ce n’est pas reçu comme on l’aurait espéré, cela aurait-il pour autant le pouvoir d’anéantir ce qui vient du fond de nous ? Faites part de vos expériences concrètes dans le domaine ? Ca aidera chacun à se faire une idée plus précise.

Un an moins un jour

Alors que passado est à la veille de son premier anniversaire, un message arrive sur l’espace : « joyeux anniversaire, joyeux anniversaireuuh.. joyeux aaaaaanniversaaaaireuuuh… et tout ca en musique ». Le message ne précise pas explicitement pour qui le « demain n’est pas n’importe quel jour ». MH joue de l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de l’espace lui-même, maintenant en mesure de sortir de ses premiers balbutiements :

Demain est en effet le jour anniversaire du premier message parvenu sur l’Espace d’échanges de Passado ! Il me semble qu’il était de … !
Ce pourrait être un moment pour un petit bilan. Car bon sang, bien des choses ont changé depuis ce moment-là. Les anniversaires servent à ça notamment, à brusquement prendre conscience qu’il y a déjà autant de temps qui est passé. Celui-ci se mesurant à ce qui a été fait. Nous y reviendrons si vous le voulez.
Mais le chant et la musique d’abord !
Car sur ce mot en sonorités répétées, Aaaanniversaaaaairrreeeeuuuuhhhh, s’évoque le balbutiement, ce qui est normal à un an d’âge. Moment de découverte des mots, des sonorités, de ce qu’ils ont comme effet sur l’entourage, étape précédant juste celle de leur pleine utilisation pour partir découvrir le monde !

Voilà la nouveauté en trois temps de ce qui ne cesse de se répéter dans l’espace passado : un balbutiement sous une forme qui garantit l’intimité, une découverte des effets du parl’écrit sur les autres participants, une médiation pour se forger les moyens d’agir dans le monde. Passado.be tente de déployer cette réalité intermédiaire, lieu de passage et d’échange, où se forgent les linéaments de cette réalité autre, non une bulle préservée mais la possibilité de s’inscrire dans un monde partagé et engagé.

*

Ces virtualités du parl’écrit, prélevées parmi les réactions de MH durant la première année d’existence de l’espace, participent toujours de sa vitalité et lui donne corps. Depuis lors, passado.be a poursuivi sa croissance et subi quelques métamorphoses : en juin 2009, il va atteindre ses 7 ans, un âge que l’on dit de raison.
Gageons que ces germes de ses débuts ne cesseront d’y inscrire un frayage des plus créatifs, tressé aux multiples éprouvés et questions qui font l’étoffe du passage adolescent.

Merci MH.

Textes réunis et présentés par AM, novembre 2008

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