Grain de sel, grain de sable : curiosité respectueuse

Midi sur le Sahara. Le soleil regardait en souriant les ombres se cacher sous leur support, et les mirages trembloter sur les moutons de dunes. Les hommes bleus font la sieste ou palabrent sous les toiles des tentes.

J’étais ce jour-là invité à boire le thé par un chef Touareg, ainsi qu’une jeune femme qui m’accompagnait. Vous savez sans doute que dans cette peuplade, les hommes, contrairement aux femmes et à l’opposé de la plupart des coutumes musulmanes, sont très prudes et gardent toujours leur chèche devant un inconnu (grand turban qui ne laisse voir que les yeux), a fortiori devant une femme de surcroît étrangère.
Or cette fois-là, il avait baissé son chèche ainsi que les autres hommes qui faisaient partie de cette réunion. Vint le moment où une femme entre pour apporter de quoi servir le thé. Tous les hommes remontent leur voile jusqu’aux yeux.
Je m’étonne de leur attitude, imaginant un manque de considération vis-à-vis de celle qui m’accompagnait.
Et voici ce que le chef de famille, comme ils disent, me répond : « Je sais que vous, les Européens, vous parlez avec le visage, alors si nous voulons faire connaissance, il nous fallait bien nous découvrir ».

En deçà du respect qu’ils nous témoignaient et qui nous a beaucoup touchés, ces hommes transgressaient les règles de leur culture pour finalement progresser vers une connaissance supposée de l’inconnu; il est évident qu’ils renouèrent avec leurs coutumes « enrichis » d’un savoir nouveau.
A la recherche de l’inconnu.

JFM

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